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  • Randonnées, bivouac et pêche à la mouche aux îles Lofoten !

    L‘archipel des îles Lofoten. En avez vous entendu parlé ? Avez vous vu ces photos magnifiques des montagnes enneigées qui tombent à pic dans la mer ; ses eaux turquoises surmontées de jolies petites cabanes de pêcheurs sur pilotis et aux couleurs rouge de Falun ou ocre jaune ? Et bien vous ne rêvez pas, il ne s’agit pas là d’un décor de cinéma et ce lieu magique existe bel et bien.

    J’ai eu la chance de me rendre 10 jours aux îles Lofoten fin Mai 2016 avec 2 très bons copains amateurs tout comme moi de randonnées et de grands espaces. Nous avons découvert cet endroit sur internet grâce à l’excellent blog Rando-Lofoten.

    Il a été créé en 2013 par un couple franco norvégien qui tient une agence spécialisée en randonnées et trekking aux îles Lofoten depuis 2012. Nous avons acheté leur ouvrage« Randonner aux îles Lofoten » qui contient une multitude d’itinéraires (55 randos + 1 trek), des plus simples aux plus difficiles réservées aux randonneurs expérimentés.

    De plus, pour chaque itinéraire, un fichier GPX vous est proposé en téléchargement, ce qui vous permettra de compter également sur la précision de votre GPS pendant votre séjour.

    Je tenais vraiment à commencer cet article en parlant de ce blog et de son ouvrage, car sans lui, les détails de notre séjour aux îles Lofoten auraient été bien plus compliqués à organiser. En effet cet archipel d’îles ne possède quasiment aucun itinéraire balisé comme nous avons l’habitude de les trouver dans les Pyrénées et les Alpes. C’est un lieu magnifique mais sauvage dans lequel la plupart des randonnées se font hors sentier.

    De plus, très peu d’ouvrages spécialisés et de cartes suffisamment détaillées existaient en 2016 quand nous y sommes partis. Donc sans ce guide ou un équivalent, il faudra vous attendre à ne compter que sur votre sens de l’orientation, ou bien sur l’expérience d’un guide local.

    Où sont situées les îles Lofoten ?

    Cet archipel d’îles est situé au nord de la Norvège, entre le 67ème et le 69ème parallèle nord, et à une centaines de kilomètres au dessus du cercle polaire.

    Il est composé de 7 îles (Røstlandet, Værøy, Moskenesøya, Flakstadøya, Vestvågøya, Gimsøya et Austvågsøya), reliées entre elles par des ponts (sauf pour Røstlandet et Værøy, accessibles uniquement en bateau ou par avion pour la première), et une seule route principale, la E10 permettant de circuler facilement entre chaque île et de parcourir les paysages à couper le souffle des îles Lofoten.

    L’archipel est séparé du continent par le Vestfjord, un gigantesque fjord qui s’étire sur 200 km depuis Bodo jusqu’à son embouchure.

     

    Comment se rendre aux îles Lofoten ?

    Quelle compagnie prendre et où atterrir ?

    Pour vous rendre sur les îles Lofoten, vous aurez le choix entre 3 compagnies aériennes principales , en fonction de votre ville de départ : Lufthansa, Norvegian Airlines ou bien SAS (Scandinavian Airlines).

    Au mieux vous aurez alors une seule escale à l’aéroport d’Oslo Gardermoen, sinon deux en passant également par celui de Francfort. L’idéal est d’atterrir à Bodo situé sur la côte ouest norvégienne, et juste en dessous des Lofoten. Après avoir loué votre moyen de transport à l’aéroport de Bodo, vous pourrez ensuite emprunter le ferry qui vous mènera directement sur l’archipel, au port de Moskenes.

    Je vous conseille de rechercher votre vol sur un comparateur genre Skyscanner ou Kayak, puis de vous rendre sur le site de la compagnie avec laquelle vous aurez trouvé le voyage qui vous arrange afin de finaliser votre réservation.

    Si comme moi vous partez du sud de la France, attendez vous à voyager toute la journée, c’est à dire au minimum 9 ou 10 heures en comptant les transferts.

    Si vous partez de Paris, alors vous n’aurez probablement qu’une seule escale par Oslo, et votre voyage durera au minimum 5 heures tout cumulé.

    Notre voyage aller/retour nous avait coûté 460 euros fin 2015 en partant depuis le sud de la France. Maintenant il est possible de trouver des vols à moins de 350 euros. Et depuis Paris, vous devriez pouvoir facilement trouver un voyage à moins de 200 euros en vous y prenant suffisamment à l’avance.

    Comment prendre le ferry pour se rendre aux Lofoten ?

    Une fois que vous aurez atterri à Bodo, votre voyage ne sera pas terminé. Et oui, les îles Lofoten se méritent ! Mais je vous rassure, vous ne serez pas déçus à votre arrivée. Un peu de patience donc… Il vous faudra donc ensuite emprunter le ferry de Bodo vers le port de Moskenes.

    La compagnie de ferry est Torghatten-Nord. Leurs ferrys qui sont également des bateaux de croisière appartenant à la compagnie Hurtigruten, sont très confortables et disposent de tous les services associés à bord (restaurant, bar, salle de concert, chambres etc…). Les 3 heures de voyage restantes vous seront donc rendues agréables malgré la fatigue.

    Le trajet en ferry vous en coûtera, par exemple pour 4 personnes plus une voiture, un total d’environ 190 euros pour le voyage aller/retour en classe économique.

    Où et comment bivouaquer aux îles Lofoten ?

    La réponse est presque partout en dehors évidemment des villes, des villages et des propriétés privées.

    Les îles Lofoten font partie intégrante de la Norvège. La réglementation en terme de bivouac et de camping sauvage suit donc les mêmes règles. Pour plus de détails, je vous renvoie tout simplement à mon article sur le Bivouac et Camping sauvage en Norvège, quelles sont les règles ? qui traite en détail de ce sujet.

    Profiter du soleil de minuit aux îles Lofoten

    Les îles Lofoten sont situées à une centaine de kilomètres au nord du cercle polaire. A cette latitude, et à partir de fin Mai (26), le soleil ne dépasse plus l’horizon et donc ne se couche plus ! On appelle ce phénomène le « Jour Polaire » ou plus communément « Soleil de Minuit ». Il se produit jusqu’à mi juillet, et atteint son apogée le jour du solstice d’été (21 Juin). Autant vous dire que les journées sont longues pendant cette période, mais qu’il n’y a rien de mieux pour profiter un maximum des paysages quand il fait jour toute la journée.

    En tout cas, pendant notre séjour, nous avons beaucoup apprécié pouvoir randonner à toute heure sans nous préoccuper une seule seconde de la tombée de la nuit, qui est souvent synonyme de danger à nos latitudes.

    Un soir, alors que nous avions posé notre bivouac au dessus de la belle plage de Bunes, au dessus du hameau isolé de Vinstad situé au fond du Bunesfjord (que nous avions rejoint en kayak depuis le port de Reine) nous avons décidé sur un coup de tête vers 21H d’entamer la randonnée du Brunakseltinden (+600m) pour admirer le soleil de minuit.

    Et bien nous n’avons pas été déçus à notre arrivée à son sommet. Nous avions alors une vue à couper le souffle sur 360° ; à l’ouest un soleil de minuit rouge flamboyant se reflétant dans la mer de Norvège, en contrebas la jolie plage de Bunes, et derrière nous à l’est une vue surplombante sur le Bunesfjord et le Kjerkfjord, et plus au loin le Reinefjord.

    Depuis ce point de vue, nous pouvions même distinguer au loin le sommet enneigé du Munken (769m) que nous avions approché lors d’une randonnée 2 jours auparavant.

    Où randonner aux îles Lofoten ?

    Une multitude d’itinéraires s’offrant à vous…

    La réponse est : presque partout ! Cet archipel dispose d’une multitude d’itinéraires de randonnée tous plus beaux les uns que les autres. Vous trouverez aisément des parcours très bien détaillés et des informations pratiques sur le site de Rando-Lofoten.

    Je ne m’attarderai donc pas dans cet article à vous expliquer les différentes randonnées que nous avons parcourues pendant notre séjour. Mais sachez que vous devrez préparer soigneusement vos journées, car comme déjà dit plus haut, il n’existe que très peu d’itinéraires de randonnée balisés aux îles Lofoten.

    Comment s’habiller pour randonner aux îles Lofoten ?

    Pensez à vous équiper correctement. De bonnes chaussures de randonnée, de préférence montantes et surtout étanches, sont indispensables. Le pays est recouvert à de nombreux endroits de tourbières qui ne vous épargneront pas les chaussettes mouillées, si jamais vos chaussures étaient perméables.

    Ajoutez à cela des affaires chaudes comme une bonne polaire, un sous pull, une veste et un pantalon imperméables. La météo peut en effet très vite évoluer dans les îles Lofoten, et les averses ne sont pas rares.

    Par ailleurs, selon la saison, les températures peuvent être très fraîches, généralement entre 5 et 10°C au début du printemps, et jusqu’à maximum 20°c voire exceptionnellement 25°C au plus fort de l’été. Je vous renvoie d’ailleurs à mon article : Des vêtements chauds pour vos randonnées.

    Où et comment pêcher aux îles Lofoten ?

    Pêcher en lac de montagne aux îles Lofoten

    On trouve de très nombreux lacs et rivières de montagne aux îles Lofoten. Vous en croiserez donc régulièrement au cours de vos randonnées.

    En particulier, les lacs des Lofoten tout comme la totalité de ceux des territoires de la Norvège et de ses pays voisins nordiques regorgent de poissons, tels que la célèbre truite fario et autres salmonidés. La réglementation pour la pêche en eau douce est celle de la Norvège, je vous renvoie par conséquent à mon article sur la pêche à la mouche en Norvège.

    Pêcher en mer le cabillaud aux îles Lofoten

    Si vous pêchez en mer, à l’intérieur des fjords par exemple que ce soit aux îles Lofoten ou dans n’importe quel autre endroit en Norvège, vous pourrez facilement prendre du cabillaud, ou « Skrei de Norvège » poisson roi dans ce pays, tellement il s’y trouve en quantité.

    Ce sont d’ailleurs des centaines de milliers de filets de cabillauds, ou de « morue », que vous verrez sécher sur des étendoirs géants aux Lofoten à la fin de la saison de pêche au chalut qui s’étend de janvier à mars. D’ailleurs, si vous ne les voyez pas, ne vous en faites pas, vous les sentirez ! Et oui ça « pue », ça on peut le dire, et c’est probablement la toute première odeur, et pas la moindre, qui vous marquera en arrivant sur ces magnifiques îles. Charmant non ?

    Le cabillaud est facilement identifiable par ses points marron sur tout son corps, et cette ligne blanche qui s’étire de la tête à la queue.

    Pour pêcher le cabillaud, munissez vous d’une canne à lancer puissante et de cuillères ondulantes comme celles présentées sur l’image ci-dessous. Ces cuillères doivent avoir un poids minimum de 20 ou 25g pour pouvoir plonger rapidement. Elles doivent également être suffisamment brillantes pour être visibles et susciter l’attaque. Utilisez une tresse ou un fil de nylon solide et au minimum de 0.30mm.

    Faites un lancer à plusieurs dizaines de mètres devant vous, puis attendez que votre leurre ait touché le fond. Ramenez le ensuite par tirées successives de 2 ou 3 secondes, en prenant soin de le laisser retomber entre chaque tirée, tout en moulinant votre fil. L’attaque se produit généralement à ce moment là. Cette animation imite un poisson blessé et s’avère souvent très efficace dans de nombreuses autres pêches aux carnassiers.

    Pendant notre séjour aux îles Lofoten, nous avons pris plusieurs beaux spécimens depuis le bord des fjords grâce à cette technique. Et quel plaisir de déguster le fruit de notre pêche, d’autant plus que le cabillaud possède une chair excellente et très savoureuse.

    Conclusion

    Il y aurait tellement à dire sur les îles Lofoten…mais il faut bien que cet article ait une fin.

    Pour conclure, j’ajouterai simplement que mon séjour aux Lofoten me laissera des souvenirs indélébiles. Les paysages y sont tout simplement grandioses, et les possibilités de randonner, de bivouaquer et de pêcher à la mouche y sont presque infinies.

    Je n’ai donc qu’un conseil à vous donner si vous avez aimé cet article, partez randonner aux îles Lofoten et je vous garantie que vous remporterez avec vous des images et des souvenirs inoubliables !


  • Pêche à la mouche en lac de montagne

    Voici un nouvel article pour vous parler un peu de la pêche à la mouche en lac de montagne. Depuis ces 3 ou 4 dernières années, j’ai eu l’occasion de réaliser plusieurs belles randonnées dans le massif des Pyrénées, à travers lesquelles j’ai pu découvrir à la fois le plaisir de marcher à travers des paysages de montagne souvent grandioses, tout en pratiquant ma passion pour la pêche à la mouche sur des lacs magnifiques et souvent peu fréquentés par les pêcheurs.

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    La pêche à la mouche en lac de montagne ne peut se pratiquer correctement que si vous possédez déjà les bases de la technique du lancer propre à cette pêche. Je vous renvoie d’ailleurs en passant à mon article sur Comment bien débuter la pêche à la mouche. En effet, contrairement aux étangs, aux réservoirs et aux rivières de plaine et de basse altitude, les lacs de montagne sont des lieux préservés où règne la majeure partie de l’année une quiétude totale. Les poissons qui peuplent ces lieux sont donc habitués à une faible fréquentation voire une quasi absence de l’homme et des grands animaux. La discrétion du pêcheur, le soin du lancer et la délicatesse du posé de la mouche seront essentiels et des points à vraiment soigner, si vous souhaitez avoir au moins une chance de faire quelques beaux poissons.

    Quels types de poissons peuplent les lacs de montagne ?

    Les lacs de montagne, c’est à dire ceux situés au minimum à plus de 1500 mètres d’altitude, sont généralement gelés en surface tout l’hiver. En effet, en altitude les températures diminuent rapidement avec un gradient thermique moyen d’environ 0.6°C tous les 100 mètres. Par exemple, lorsque la température en hiver en vallée à 800 mètres est d’environ 5°C, il fait déjà 0°C 900 mètres plus haut. Ceci s’explique par le fait que la pression atmosphérique et donc la densité de l’air diminuent avec l’altitude. En effet la physique nous apprend que tout gaz qui se détend, se refroidit par la même occasion. Par ailleurs, moins il y a d’air, et moins les radiations infrarouge issues de l’absorption des rayons solaires par le sol sont piégées par l’atmosphère ce qui amplifie ce phénomène de refroidissement avec l’altitude.

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    Mais si les lacs de montagne sont souvent gelés à leur surface en hiver, cela ne signifie pas que la température en profondeur est aussi glaciale. Bien au contraire. Les propriétés chimiques de l’eau sont uniques, et tandis que la glace plus légère, flotte à la surface, l’eau liquide atteint sa masse volumique maximale (devient donc plus lourde) autour de 4°C. Ce qui signifie que même si la surface des lacs de montagne en hiver est gelée, la température en pleine profondeur est de 4°C et permet à certaines espèces de poissons de survivre pendant les mois les plus rudes.

    Les lacs de montagne ont une température qui s’échelonne toute l’année selon un degré de température. La couche supérieure est appelée épilimnion, et la couche inférieure est l’hypolimnion. Ces 2 couches sont séparées par une troisième appelée thermocline qui se traduit par un gradient brutal de température et une limitation quasi hermétique des échanges gazeux entre les 2 premières couches. Ce n’est qu’au printemps et à l’automne, lorsque la température à la surface respectivement remonte ou s’abaisse à 4°C, que les différentes couches d’eau s’homogénéisent, permettant ainsi une oxygénation des eaux profondes, indispensable à la survie des espèces et des végétaux occupant les profondeurs.

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    Les seuls poissons qui peuplent les lacs de montagne sont donc ceux qui sont capables de résister à une température minimum de 4°C en hiver. On y trouvera principalement des salmonidés, comme les truites fario, truites arc-en-ciel, ombles chevaliers, saumons de fontaines, cristivomers, mais aussi des vairons. Les salmonidés sont des animaux à sang-froid, ce qui signifie que leur métabolisme est directement conditionné par la température de l’eau. En hiver, ces poissons digèrent donc plus lentement et ont une activité réduite au minimum.

    A partir du printemps, l’eau en surface du lac se réchauffe, les poissons quittent les profondeurs et à partir de 7-8°C, leur activité augmente progressivement. A partir de 12°C à 15°C, ces poissons sont au maximum de leur forme et c’est à ce moment là que la pêche devient la meilleure.

    Puis en été, lorsque la surface de l’eau dépasse les 15°C, la température devient trop chaude, les poissons sont moins actifs et regagnent les profondeurs du lac. Ils occupent alors une zone dite de confort, dont la température est comprise entre 12°C et 15°C.

    A l’exception de quelques rares lacs dans les Pyrénées, la présence de ces poissons dans les lacs de montagne est le plus souvent liée à l’activité humaine. En effet, les poissons indigènes ne peuvent pas coloniser ces lacs car l’eau qui les alimente ne provient que de la fonte des neiges en altitude, et les chances sont trop minces pour que des oiseaux issus des plaines parviennent à venir coloniser ces espaces isolés. Il s’agit d’ailleurs d’un des rares exemples d’une colonisation de niches écologiques jusqu’alors vides qui a donné des résultats plus ou moins bons selon l’acclimatation des espèces de salmonidés introduites. Les premiers alevinages ont eu lieu dans la première moitié du XVIe siècle dans le Tyrol autrichien sous l’empereur Maximilien Premier. Des bergers ont effectué les premiers alevinages en France, à partir du XVIIIe siècle, en particulier pour palier au crétinisme, les poissons représentant pour eux une source essentielle de nourriture et d’iode. Depuis la fin des années 30, la généralisation des alevinages par hélicoptère et la mise en place de politiques de gestion piscicole ont permis de généraliser la présence de salmonidés dans les lacs de montagne pour le plus grand plaisir des randonneurs pêcheurs à la mouche. Enfin la présence des vairons quant à elle est liée notamment à la pêche au vif.

    Quelles techniques de pêche à la mouche utiliser en lac de montagne ?

    Etant données les conditions de température, la pêche à la mouche en lac de montagne n’est possible que pendant quelques mois à partir du printemps jusqu’au début de l’automne. Et comme les sources de nourriture des salmonidés sont rarement abondantes en altitude, ces derniers se déplacent beaucoup. Le pêcheur à la mouche devra étudier la configuration du lac et repérer les arrivées d’eau, le sens du vent, la présence d’arbustes ou d’éventuels arbres, les tombants (cassures entre parties profondes et moins profondes du lac), et les plages de sables et de graviers. En effet, les poissons occupent généralement les bordures sur une largeur de plusieurs dizaines de mètres dans ces zones dans laquelle se concentre la majorité de leur nourriture (larves, insectes terrestres, vairons etc…).

    La pêche en mouche sèche en lac de montagne

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    Les conditions de pêche sont souvent incertaines, et les moments les plus propices sont généralement le matin ou tard le soir. Pendant ces périodes, et parvenus à maturité, les insectes aquatiques cachés sous les pierres et dans la vase comme les éphémères et surtout les chironomes, se transforment en nymphes et remontent vers la surface pour atteindre le stade pré-adulte (subimago). Ils doivent alors franchir la difficile barrière de la surface de l’eau pour se transformer définitivement en insectes volants prêts pour la reproduction (imago). Lors de cette étape, la tension superficielle de l’eau qui dépend des conditions climatiques, agit comme une glue qui empêche ces insectes de quitter le monde aquatique. Certains resteront englués et se noieront (spents). D’autres parviendront à s’envoler, à se reproduire, puis retomberont épuisés dans l’eau (spents).

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    Quand des éclosions ont lieu, les poissons se mettent alors à gober ces insectes à tout-va, et parfois même tout près du bord. C’est alors le moment pour le pêcheur à la mouche d’utiliser une imitation de sèche ou de chironome émergent. Lors de ces périodes courtes et opportunes, les poissons peuvent sembler parfois moins exigeants, et accepter votre mouche, même si sa présentation et/ou la qualité de l’imitation ne sont pas tout à fait impeccables. On s’attachera tout de même à présenter une mouche montée sur un long bas de ligne (de 3 à 3.5 mètres) terminé par une section très fine (minimum 10 ou 12, et maximum 14). On pensera aussi à dégraisser correctement celui-ci jusqu’à l’œillet de l’hameçon sur plusieurs dizaines de centimètres à l’aide d’un chiffon propre ou en passant rapidement le fil dans sa bouche pour le nettoyer de sa salive. De cette façon, la section du bas de ligne reliée à la mouche sera quasi invisible pour le poisson. La mouche de surface devra aussi être bien sèche et ces hackles bien étoffés et légèrement graissés.

    Si le posé de la mouche sur l’eau est propre, silencieux et naturel, alors il suffira d’attendre qu’une truite ayant gobé dans les environs repère votre imitation puis l’engame. Il faut parfois attendre quelques minutes. Mais si rien ne se passe, on pourra alors effectuer quelques petites tirées brèves pour animer l’imitation et créer des sillons dans l’eau qui émettront des vibrations par lesquelles un poisson à proximité pourrait être attiré, et qui seront  susceptibles de déclencher son attaque.

    Si plusieurs refus consécutifs ont été essuyés, alors il est peut être temps de changer de mouche. En lac de montagne, j’utilise régulièrement de petites imitations de couleur naturelle (noir, olive, brun ou gris) comme des palmers en plume de cul de canard ou des sedge en poil chevreuil. Rien ne sert de monter une grosse mouche si vous ne distinguez pas bien les insectes qui sont gobés en surface. Soit parce que les insectes sont aussi petits que des moucherons, soit parce que les poissons gobent des insectes sous la surface comme des chironomes. On parle alors de marsouinage, le plus souvent repérables par un museau ou une nageoire caudale dépassant furtivement de l’eau. On montera alors une imitation de chironome émergent, dont la présence dans votre boite à mouche en différents coloris naturels sera indispensable pour la pêche en lac de montagne.

    On pourra également mixer les techniques et employer un train de mouche. Une première mouche appelée « sauteuse » sera de surface comme un sedge ou un chironome émergent. Sur la partie courbée de son hameçon on fixera une longueur supplémentaire de fil à laquelle on reliera 1 ou 2 chironomes epoxy montés en potence. Avec ce montage et selon la longueur du fil rajouté on pourra cibler différentes couches d’eau et donc maximiser les chances de toucher un poisson.

    En milieu ou fin de matinée, quand le soleil aura franchi le sommet des montagne surplombant le lac, l’air va commencer à se réchauffer, et le vent se lever. Les éclosions vont se faire plus rares, et d’autres insectes comme les terrestres (fourmis, sauterelles, coléoptères, araignées etc…) jusqu’alors encore endormis vont faire leur apparition. Comme ils sont susceptibles de tomber à l’eau, on pourra pêcher sous les arbustes et près des abords herbeux avec des imitations de terrestres. Puis progressivement des insectes volants vont faire leur entrée et la pêche en sèche pourra de nouveau être productive.

    La pêche en nymphe en lac de montagne

    Si aucune activité de surface n’est visible, on pourra alors pêcher en nymphe. On utilisera alors une soie de préférence plongeante, et un bas de ligne en pointe de 14 minimum, car les attaques avec cette technique peuvent parfois être violentes. La pêche en nymphe à vue devient intéressante si des poissons sont visibles près du bord. Les truites fario par exemple longent généralement les berges, les tombants et les cailloux immergés, à la recherche de nourriture. On s’attachera alors à présenter la mouche à une distance suffisante (1.5 ou 2 mètres minimum) devant et sur la trajectoire du poisson. En effet, une nymphe notamment à tête plombée fait suffisamment de bruit lorsqu’elle touche la surface de l’eau pour effrayer et faire fuir définitivement un poisson.

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    En pêche en nymphe à vue, la discrétion du pêcheur doit être totale, et il devra évoluer très lentement et presque comme un félin. Si la distance du poisson ne permet pas un lancer classique, il pourra présenter sa mouche avec un lancer en arbalète. L’hameçon de la nymphe sera alors saisi entre le pouce et l’index de la main gauche. La soie sera bloquée avec l’autre main qui tient la canne au niveau de la poignée, en gardant une longueur de ligne suffisante pour atteindre la zone visée. Puis en tirant sur la mouche de la main gauche, la canne sera bandée comme un arc au niveau du sillon tout en restant pointée sur la cible. Une fois armée, il suffit alors de lâcher la mouche, qui finira normalement sa course sur la zone visée. Cette technique est difficile et nécessite une bonne concentration mais génère au pêcheur une émotion intense lorsque le poisson « mord à l’hameçon ».

    Enfin, quand le poisson n’est pas visible ou que le vent à la surface de l’eau empêche une bonne visibilité du fond, on pourra continuer à pêcher en nymphe plombée, en ramenant celle-ci à l’aide d’un tricotage lent de la soie avec la main gauche. On continuera à balayer les berges, les tombants et les cailloux immergés. Un streamer de couleur blanche, olive ou noir et à tête plombée pourra aussi être essayé toujours avec une soie plongeante et/ou un très long bas de ligne en pointe de 14 minimum. Il imitera un petit vairon, qui en pêchant en profondeur, sera susceptible d’intéresser de beaux  poissons, comme les discrets ombles chevaliers, saumons de fontaine et cristivomers qui préfèrent rester à l’écart de la lumière…


  • Pêche à la mouche en Norvège : mes conseils et astuces

    Dans cet article, je souhaite partager avec vous mon expérience de la pêche à la mouche en Norvège, en vous donnant les bons conseils pour réussir votre séjour dans les meilleures conditions.

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    J’ai eu la chance de partir en Juin 2015 dans la jolie région de Valdres, et plus précisément à la périphérie des municipalités de Nord-Aurdal et de Gol. Valdres est un regroupement historique de municipalités appartenant au comté du Oppland situé au sud de la Norvège. Ce pays est en effet subdivisé en plusieurs comtés comme le représentent les 2 cartes suivantes :

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    Valdres est une région magnifique et très prisée notamment en hiver pour le ski alpin et le ski de fond mais également au printemps et en été pour  la randonnée, la pêche et le cyclisme. Les stations de ski de Hemsedal situées à l’ouest de Valdres dans le comté du Buskerud et celle de Beistolen sont très célèbres. Elles profitent des reliefs de la longue chaîne de montagnes qui s’étend tout le long de la cote ouest scandinave, plus connue sous le nom de « Alpes scandinaves« .

    Valdres est située à 3 heures au nord d’Oslo et 5 heures à l’est de Bergen. Elle recense plus de 3000 lacs et une multitude de rivières plus ou moins importantes et qui abritent une grosse population de truites et d’ombles sauvages : un véritable paradis pour les pêcheurs à la mouche ! Espérons que cela reste encore ainsi pendant de nombreuses années, car la pression de pêche y est malheureusement à certains endroits de plus en plus importante.

    Quel type de logement choisir ?

    Nous avions loué un joli chalet traditionnel Norvégien (« Hytte« ) avec un toit végétal typique (« torvtak« ) comme on en voit beaucoup sur les photos et dans les guides touristiques.

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    Nous sommes passé par l’agence anglaise Norsc Holidays, spécialisée dans les voyages en Norvège, qui a effectué pour nous toutes les démarches nécessaires auprès du site NOVASOL pour les formalités de location. Notre chalet était entièrement équipé, très confortable et cosy et disposait d’un insert dans la pièce à vivre qu’on alimentait au bois à chaque fois que nous rentrions de nos journées de pêche. Il faut savoir que les chalets sont très nombreux en Norvège, et beaucoup d’habitants ont leur propre chalet comme résidence secondaire qu’ils occupent pendant leurs weekends et leurs vacances. C’est presque une seconde religion dans ce pays. Il existe d’ailleurs un magazine norvégien appelé « Hytte Magasine » qui traite de l’art de vivre et de la décoration des chalets, c’est pour dire !

    Si votre objectif est de passer une semaine en pleine nature, que ce soit pour pêcher, randonner ou faire du ski, je vous conseille vivement ce type de location. Selon les saisons, les prix peuvent être mêmes très abordables. Pour exemple, pour un séjour de 15 jours dans notre chalet début Juin, notre location nous a coûté au total 614 livres Sterling, soit environ 800 euros. Nous avons en effet bénéficié d’une remise exceptionnelle (2 semaines pour le prix de 10 jours), due au fait que nous louions en dehors des vacances scolaires et de la période hivernale très réputée pour le ski dans cette région. Vous ne serez pas déçu si le chalet est bien aménagé et bien équipé, en effet les Norvégiens apportent beaucoup d’importance et de soin à la décoration et au confort de leur chalet, ce qui vous permettra de bien vous détendre et de vous reposer en dehors de vos journées sportives.

    Quelle est la réglementation de la pêche en Norvège ?

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    Trouver des informations sur la pêche en Norvège est un véritable parcours du combattant lorsqu’on ne maîtrise pas la langue, et qu’on ne connait personne pour nous conseiller. Heureusement, je suis passé par là ! Je vous donne ici donc mes tuyaux.

    Tout d’abord, il faut savoir que les norvégiens ont une conception de l’accès à la Nature et de la propriété bien différente de celle de la majorité des autres pays européens. A ce sujet, je vous renvoie à mon article sur le bivouac et le camping sauvage en Norvège.

    Je vous renvoie également au site de l’Agence norvégienne pour l’environnement (en anglais) pour une information détaillée sur la pêche en Norvège. Et également au site visitnorway qui résume bien les règles à respecter.

    Il faut distinguer 3 types principaux de pêche en Norvège.

    • Le premier est la pêche en mer, qui est totalement gratuite si vous ne pêchez ni le saumon, ni la truite de mer.
    • Le second est la pêche du saumon, de la truite de mer et de l’omble chevalier, en mer ou en rivière. Dans ce cas, en plus d’un permis local, il faut vous acquitter d’un permis national accessible en ligne via ce lien (site en anglais), ou directement dans les bureaux de Poste norvégiens.
    • Le troisième est la pêche en eau douce (lacs, rivières et cours d’eau) de toutes les espèces de poissons autres que le saumon, l’omble chevalier et la truite de mer. Dans ce dernier cas, celui qui m’intéresse en particulier et pour lequel j’ai voulu créer cet article, c’est un peu plus compliqué.

    Où trouver des permis pour pêcher la truite en eau douce ?

    Pour la pêche en eau douce, quelque soit le type de poisson (sauf saumon, truite de mer, omble chevalier) que l’on recherche, voici ce qui est généralement indiqué sur les sites d’information :

    « Dans les rivières et les lacs le droit de pêche appartient au propriétaire foncier. En Norvège, il y a une distinction entre les biens de l’État, des communes et la propriété privée, mais peu importe de qui est propriétaire du terrain,  vous pourrez pêcher si vous avez l’autorisation du propriétaire du terrain ou du gérant d’un parcours et si vous avez acheté votre licence de pêche. (Sur les parcours privés ou publics commercialisés, assez nombreux en Norvège, vous aurez à payer aux titulaires un droit de pêche, à la journée ou à la semaine, d’un montant très variable). »

    C’est donc un peu différent de notre unique carte de pêche inter-fédérale ou départementale française qui nous permet de pêcher presque n’importe où en France ou dans notre département et cela toute l’année pendant les périodes d’ouvertures spécifiques, et en dehors des parcours privés moins nombreux. En Norvège, vous devez payer une taxe locale. Une grande partie des permis de pêche locaux sont référencés sur le site de Inatur (en anglais). Sur ce site vous pouvez accéder aux différents permis selon la période de pêche et la région souhaitées. Donc si vous connaissez exactement l’endroit où vous allez pêcher, il peut être intéressant d’acheter le permis concerné en ligne pour ne pas avoir à aller le récupérer une fois sur place. Vous éviterez ainsi de perdre du temps, en particulier si vous arrivez un weekend quand les magasins délivrant des permis seront fermés.

    Par contre, si vous ne connaissez pas encore exactement l’endroit où vous pêcherez, où bien si vous souhaitez tout simplement attendre d’être sur place pour repérer les lieux et les coins de pêche, il peut être alors très intéressant d’attendre d’être arrivé à destination. Vous pourrez alors facilement acheter votre permis dans le magasin de sport, où le camping le plus proche de la rivière ou du lac que vous aurez repéré. Beaucoup de commerces délivrent des permis locaux, il suffit alors de se renseigner sur place, à condition bien sur de parler un minimum anglais, ou d’avoir quelques notions de norvégien. Dans le cas contraire, je vous conseille de vous rendre dans l’office de tourisme le proche qui sera sans nul doute de très bon conseil.

    Je vous avoue, qu’en 2015, lorsque j’ai préparé à l’avance mon voyage en Norvège, j’ai perdu beaucoup de temps à chercher les informations sur les permis de pêche. Rien n’était clair, et souvent les sites internet étaient en norvégien et me perdaient un peu plus.

    Au final, nous avons attendu d’être sur place, nous avons repéré rapidement les lieux, et avons acheté nos permis dans les campings à proximité de nos coins de pêche. Selon les endroits, les permis peuvent être souvent très abordables (environ 15 ou 20 euros la journée), et peuvent être achetés à la journée, pour 3 jours ou bien une semaine, vous permettant ainsi d’économiser un peu plus selon la durée choisie.

    Enfin, pour ce qui est du nombre de prises journalières autorisées, cela dépend également du lieu de pêche et du permis local. L’idéal est de poser la question au moment de prendre votre licence. Quoiqu’il en soit, je vous conseille vivement de pratiquer le No-Kill et donc de relâcher vos prises le plus souvent possible. Les truites sauvages abondent en Norvège, mais ne seront probablement pas éternelles si tous les nouveaux pêcheurs prélèvent l’intégralité de leurs prises inopinément et sans raison à chacune de leurs sorties.

    Voilà pour mes conseils, j’espère qu’ils vous auront été d’une aide précieuse pour la préparation de votre séjour de pêche en Norvège.

    Bonne pêche et profitez bien !


  • Pêche à la mouche : quelques conseils pour bien débuter

    Ça y est, vous venez de vous décider, et vous allez vous mettre à la pêche à la mouche ! Félicitations, je ne peux que vous encourager dans ce sens, car cette pêche est certes un peu plus difficile que les autres au début , mais tellement plus passionnante que vous ne le regretterez jamais ; à condition bien sur de partir sur de bonnes bases dès le début !

    FlyFishing_technique

    La pêche à la mouche, c’est quoi exactement ?

    Pourquoi pêche « à la mouche » , et en quoi se distingue t-elle des autres pêches ? Les origines de cette technique remonte certainement à plusieurs centaines d’années, si ce n’est pas plusieurs milliers, d’ailleurs je n’ai pas la moindre idée de la réponse, car je n’ai jamais pris le temps de me pencher sérieusement sur la question. Et comme certainement beaucoup de passionnés, d’experts et de professionnels en la matière ont dû déjà étudier le sujet, cela pourra éventuellement faire l’objet d’un prochain article 🙂

    Ce que je peux vous dire, et ce pour lequel je suis pratiquement certain, c’est que cette pêche n’est pas apparue dans sa forme actuelle comme ça du jour au lendemain. Elle est le fruit dans l’histoire, de la part des pêcheurs, d‘une longue et minutieuse optimisation d’une technique de pêche ancestrale obtenue à partir d’une observation accrue des milieux aquatiques, et du comportement des poissons et des insectes qui y vivent. Cette pêche ancestrale peut s’apparenter à des pêches très connues comme celles dites aux « insectes naturels » et « à la surprise » qui consistent toutes les deux à présenter un insecte vivant (appelé « esche« ),  comme une mouche, une sauterelle ou une larve, « eschée » sur un hameçon dit « fin de fer » en N°6 ou 8 au bout d’une ligne de nylon suffisamment résistant ( 22/100 de mm minimum) directement fixée à une canne de longueur comprise entre 3 et 5 mètres. A l’origine ces cannes étaient fabriquées à partir de roseau ou de bambou, et ont étaient remplacées progressivement par la fibre de verre et la fibre de carbone, beaucoup plus résistantes et dynamiques. Le but des ces pêches ancestrales est de capturer des poissons dit « gobeurs » comme par exemple des Ablettes, des Chevesnes, des Vandoises ou des Truites, ces 3 derniers poissons étant réputés pour être extrêmement méfiants ! D’où l’importante de présenter l’insecte le plus naturellement possible au poisson, et à une distance à partir de laquelle ce dernier n’est plus en mesure de distinguer le pêcheur qui est au bout de la canne.

    L’idée était, et est toujours, pour le pêcheur à pied de pouvoir atteindre des postes inaccessibles et situés à des distances de plus en plus lointaines. Le problème c’est qu’en utilisant une simple canne et un nylon attaché à son sillon ou stocké dans un moulinet et coulissant dans les anneaux, il devient difficile à partir d’une certaine distance de présenter correctement l’insecte, sans que celui-ci ne soit arraché de l’hameçon au moment du lancer, et surtout (surtout !) que le poser de l’insecte sur l’eau ne soit plus suffisamment naturel et fasse définitivement fuir ou renoncer le poisson de gober par simple méfiance.

    Vous commencez maintenant à comprendre d’où est venue l’idée de la pêche à la mouche ? Tout simplement du besoin pour le pêcheur d’être capable d’atteindre des postes de pêche inaccessibles pour lui qui se déplace à pied, d’utiliser des leurres artificiels plus résistants et durables que des insectes naturels qu’il faut remplacer régulièrement, et surtout d’assurer un poser de ce leurre le plus naturel qui soit sur la surface de l’eau.

    Et c’est de l’observation des hommes « charretiers » de l’époque, qui étaient capables de toucher précisément de la mèche de leur fouet leurs chevaux placés à plusieurs dizaines de mètres devant eux, que les pêcheurs ont eu l’idée d’adopter la même technique afin de propulser une mouche artificielle de quelques décigrammes à de très longues distances. Pour ce faire, ils ont observé que la corde du fouet des charretiers était en forme de « queue de rat« , à savoir plus grosse près du manche qu’à la pointe, près de la mèche. Ces pêcheurs ont donc modifié leur ligne de nylon pour que cette propriété soit respectée, et on compris que la partie la plus renflée de ce nylon près de la canne aiderait à propulser précisément la partie la plus fine fixée à la mouche artificielle, au prix de moindres efforts.

    Bien comprendre la base du mouvement dès le début

    Les bases des mouvements de la pêche à la mouche sont assez simples en réalité, à condition de bien les avoir intégrés au tout début et de les conserver sur la durée pour éviter les mauvaises habitudes qui ont fâcheusement tendance à s’installer rapidement ! Car comme je l’ai dit juste avant, l’intérêt de la pêche à la mouche c’est de propulser une mouche artificielle de quelques décigrammes sur une longue distance devant soit, en se fatiguant le moins possible ! Et se fatiguer le moins possible, c’est aussi faire le moins de mouvements du bras qui tient la canne à mouche, ainsi que du reste du corps. En fait, le fameux « fouetté » de cette pêche tient essentiellement dans un mouvement contrôlé du poignet de la main qui tient la poignée de la canne, et de l’avant bras de cette main.

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    La base du mouvement est celui d’un fouetté de la canne d’avant en arrière du pêcheur qui se tient debout, et selon une amplitude maximum d’environ 60 à 90° (60° devant, 30° arrière). On lit souvent dans la littérature expliquant cette technique de pêche, que d’une façon imagée, le pêcheur représente l’axe du midi sur une horloge, et que la canne est une aiguille qui doit battre en cadence entre 10H devant le pêcheur et 13H maximum derrière lui. L’objectif est d’utiliser la flexion de la canne à mouche pour propulser une longueur de soie de plus en plus importante d’avant en arrière. Et pour ce faire, il est impératif qu’avant chaque nouveau mouvement (d’avant en arrière, ou d’arrière en avant) la longueur de soie entre la mouche et le sillon se soit complémentent tendue, pour éviter le claquement dans l’air de la mouche. C’est à ce moment précis que le mouvement de retour doit être exécuté.

    Pour réaliser ce mouvement du mieux qui soit et en se fatiguant le moins possible, il faut que :

    • Votre poignée sert fermement mais sans crispation la poignée de liège de la canne. Le pouce est posé à plat sur le liège longitudinalement à la canne
    • Votre bras (biceps) est collé à votre buste et ne doit plus en bouger, définitivement !
    • Votre avant bras doit former un « V » avec votre bras.
    • Seul le poignet exerce le geste sur le canne d’avant en arrière, d’un mouvement sec et rythmé (Zip… Ziip, Zip…Zip, Zip..Zip)
    • Chaque nouveau mouvement (d’avant en arrière, ou d’arrière en avant) s’effectue une fois que la soie est bien tendue dans l’air.
    • L’autre main, dévide la soie du moulinet et donne du mou à celle-ci à chaque nouveau mouvement vers l’avant, pour augmenter sa longueur en l’air.
    • La même main tire légèrement sur la soie en écartement le bras du corps à chaque nouveau mouvement vers l’arrière afin de tendre plus facilement la soie et lui permettre de revenir plus rapidement vers l’avant.

    Une fois que la longueur de soie dépliée en l’air entre le sillon et la mouche est suffisante pour atteindre le poste à viser, il faut alors exercer d’un coup sec et énergique le dernier mouvement d’arrière vers l’avant, en abaissant la canne quasiment à l’horizontale, et en accompagnant la canne avec l’avant bras de façon à ce que la soie touche en premier lieu la surface de l’eau, pour garantir un poser délicat du bas de ligne, de la pointe et enfin de la mouche sur le poste à viser. De cette façon, la mouche artificielle se posera le plus naturellement qui soit et vous aurez ainsi appliqué quasiment 90% de ce qu’il faut savoir pour réussir à attraper un poisson avec une canne à mouche, et un appât artificiel.

    Bravo ! Si vous avez réussi à digérer toutes ces étapes, il ne vous reste plus qu’à vous entraîner plusieurs heures dans un champ dépourvu d’arbres et de haies, en remplaçant votre mouche artificielle par un morceau de coton fixé par un simple petit nœud. Essayez alors de viser une zone située à quelques dizaines de mètres devant vous, et de poser le morceau de coton sur cette zone,  en appliquant les gestes que je vous ai expliqués plus haut.

    Encore un dernier conseil : bien que je pense que l’on peut devenir autodidacte dans la technique de la pêche à la mouche, je ne peux que vous conseiller quand même de prendre au moins quelques cours avec un professionnel, ou une main experte comme un pêcheur à la mouche expérimenté, qui saura vous guider et vous corriger rapidement avant que les mauvaises habitudes s’installent !!

    Bon entrainement et bonne pêche !