Pêche à la mouche : quelques conseils pour bien débuter

Ça y est, vous venez de vous décider, et vous allez vous mettre à la pêche à la mouche ! Félicitations, je ne peux que vous encourager dans ce sens, car cette pêche est certes un peu plus difficile que les autres au début , mais tellement plus passionnante que vous ne le regretterez jamais ; à condition bien sur de partir sur de bonnes bases dès le début !

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La pêche à la mouche, c’est quoi exactement ?

Pourquoi pêche « à la mouche » , et en quoi se distingue t-elle des autres pêches ? Les origines de cette technique remonte certainement à plusieurs centaines d’années, si ce n’est pas plusieurs milliers, d’ailleurs je n’ai pas la moindre idée de la réponse, car je n’ai jamais pris le temps de me pencher sérieusement sur la question. Et comme certainement beaucoup de passionnés, d’experts et de professionnels en la matière ont dû déjà étudier le sujet, cela pourra éventuellement faire l’objet d’un prochain article 🙂

Ce que je peux vous dire, et ce pour lequel je suis pratiquement certain, c’est que cette pêche n’est pas apparue dans sa forme actuelle comme ça du jour au lendemain. Elle est le fruit dans l’histoire, de la part des pêcheurs, d‘une longue et minutieuse optimisation d’une technique de pêche ancestrale obtenue à partir d’une observation accrue des milieux aquatiques, et du comportement des poissons et des insectes qui y vivent. Cette pêche ancestrale peut s’apparenter à des pêches très connues comme celles dites aux « insectes naturels » et « à la surprise » qui consistent toutes les deux à présenter un insecte vivant (appelé « esche« ),  comme une mouche, une sauterelle ou une larve, « eschée » sur un hameçon dit « fin de fer » en N°6 ou 8 au bout d’une ligne de nylon suffisamment résistant ( 22/100 de mm minimum) directement fixée à une canne de longueur comprise entre 3 et 5 mètres. A l’origine ces cannes étaient fabriquées à partir de roseau ou de bambou, et ont étaient remplacées progressivement par la fibre de verre et la fibre de carbone, beaucoup plus résistantes et dynamiques. Le but des ces pêches ancestrales est de capturer des poissons dit « gobeurs » comme par exemple des Ablettes, des Chevesnes, des Vandoises ou des Truites, ces 3 derniers poissons étant réputés pour être extrêmement méfiants ! D’où l’importante de présenter l’insecte le plus naturellement possible au poisson, et à une distance à partir de laquelle ce dernier n’est plus en mesure de distinguer le pêcheur qui est au bout de la canne.

L’idée était, et est toujours, pour le pêcheur à pied de pouvoir atteindre des postes inaccessibles et situés à des distances de plus en plus lointaines. Le problème c’est qu’en utilisant une simple canne et un nylon attaché à son sillon ou stocké dans un moulinet et coulissant dans les anneaux, il devient difficile à partir d’une certaine distance de présenter correctement l’insecte, sans que celui-ci ne soit arraché de l’hameçon au moment du lancer, et surtout (surtout !) que le poser de l’insecte sur l’eau ne soit plus suffisamment naturel et fasse définitivement fuir ou renoncer le poisson de gober par simple méfiance.

Vous commencez maintenant à comprendre d’où est venue l’idée de la pêche à la mouche ? Tout simplement du besoin pour le pêcheur d’être capable d’atteindre des postes de pêche inaccessibles pour lui qui se déplace à pied, d’utiliser des leurres artificiels plus résistants et durables que des insectes naturels qu’il faut remplacer régulièrement, et surtout d’assurer un poser de ce leurre le plus naturel qui soit sur la surface de l’eau.

Et c’est de l’observation des hommes « charretiers » de l’époque, qui étaient capables de toucher précisément de la mèche de leur fouet leurs chevaux placés à plusieurs dizaines de mètres devant eux, que les pêcheurs ont eu l’idée d’adopter la même technique afin de propulser une mouche artificielle de quelques décigrammes à de très longues distances. Pour ce faire, ils ont observé que la corde du fouet des charretiers était en forme de « queue de rat« , à savoir plus grosse près du manche qu’à la pointe, près de la mèche. Ces pêcheurs ont donc modifié leur ligne de nylon pour que cette propriété soit respectée, et on compris que la partie la plus renflée de ce nylon près de la canne aiderait à propulser précisément la partie la plus fine fixée à la mouche artificielle, au prix de moindres efforts.

Bien comprendre la base du mouvement dès le début

Les bases des mouvements de la pêche à la mouche sont assez simples en réalité, à condition de bien les avoir intégrés au tout début et de les conserver sur la durée pour éviter les mauvaises habitudes qui ont fâcheusement tendance à s’installer rapidement ! Car comme je l’ai dit juste avant, l’intérêt de la pêche à la mouche c’est de propulser une mouche artificielle de quelques décigrammes sur une longue distance devant soit, en se fatiguant le moins possible ! Et se fatiguer le moins possible, c’est aussi faire le moins de mouvements du bras qui tient la canne à mouche, ainsi que du reste du corps. En fait, le fameux « fouetté » de cette pêche tient essentiellement dans un mouvement contrôlé du poignet de la main qui tient la poignée de la canne, et de l’avant bras de cette main.

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La base du mouvement est celui d’un fouetté de la canne d’avant en arrière du pêcheur qui se tient debout, et selon une amplitude maximum d’environ 60 à 90° (60° devant, 30° arrière). On lit souvent dans la littérature expliquant cette technique de pêche, que d’une façon imagée, le pêcheur représente l’axe du midi sur une horloge, et que la canne est une aiguille qui doit battre en cadence entre 10H devant le pêcheur et 13H maximum derrière lui. L’objectif est d’utiliser la flexion de la canne à mouche pour propulser une longueur de soie de plus en plus importante d’avant en arrière. Et pour ce faire, il est impératif qu’avant chaque nouveau mouvement (d’avant en arrière, ou d’arrière en avant) la longueur de soie entre la mouche et le sillon se soit complémentent tendue, pour éviter le claquement dans l’air de la mouche. C’est à ce moment précis que le mouvement de retour doit être exécuté.

Pour réaliser ce mouvement du mieux qui soit et en se fatiguant le moins possible, il faut que :

  • Votre poignée sert fermement mais sans crispation la poignée de liège de la canne. Le pouce est posé à plat sur le liège longitudinalement à la canne
  • Votre bras (biceps) est collé à votre buste et ne doit plus en bouger, définitivement !
  • Votre avant bras doit former un « V » avec votre bras.
  • Seul le poignet exerce le geste sur le canne d’avant en arrière, d’un mouvement sec et rythmé (Zip… Ziip, Zip…Zip, Zip..Zip)
  • Chaque nouveau mouvement (d’avant en arrière, ou d’arrière en avant) s’effectue une fois que la soie est bien tendue dans l’air.
  • L’autre main, dévide la soie du moulinet et donne du mou à celle-ci à chaque nouveau mouvement vers l’avant, pour augmenter sa longueur en l’air.
  • La même main tire légèrement sur la soie en écartement le bras du corps à chaque nouveau mouvement vers l’arrière afin de tendre plus facilement la soie et lui permettre de revenir plus rapidement vers l’avant.

Une fois que la longueur de soie dépliée en l’air entre le sillon et la mouche est suffisante pour atteindre le poste à viser, il faut alors exercer d’un coup sec et énergique le dernier mouvement d’arrière vers l’avant, en abaissant la canne quasiment à l’horizontale, et en accompagnant la canne avec l’avant bras de façon à ce que la soie touche en premier lieu la surface de l’eau, pour garantir un poser délicat du bas de ligne, de la pointe et enfin de la mouche sur le poste à viser. De cette façon, la mouche artificielle se posera le plus naturellement qui soit et vous aurez ainsi appliqué quasiment 90% de ce qu’il faut savoir pour réussir à attraper un poisson avec une canne à mouche, et un appât artificiel.

Bravo ! Si vous avez réussi à digérer toutes ces étapes, il ne vous reste plus qu’à vous entraîner plusieurs heures dans un champ dépourvu d’arbres et de haies, en remplaçant votre mouche artificielle par un morceau de coton fixé par un simple petit nœud. Essayez alors de viser une zone située à quelques dizaines de mètres devant vous, et de poser le morceau de coton sur cette zone,  en appliquant les gestes que je vous ai expliqués plus haut.

Encore un dernier conseil : bien que je pense que l’on peut devenir autodidacte dans la technique de la pêche à la mouche, je ne peux que vous conseiller quand même de prendre au moins quelques cours avec un professionnel, ou une main experte comme un pêcheur à la mouche expérimenté, qui saura vous guider et vous corriger rapidement avant que les mauvaises habitudes s’installent !!

Bon entrainement et bonne pêche !

 


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